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Vous avez dit Genesis ?

Je viens de voir le groupe Genesis, en concert, à Philadelphie, pour sa probablement ultime reformation !

Ouais, on se calme ! Je les ai vus sur Youtube, suis pas allé là-bas ! Et donc, moi qui n'étais pas spécialement déprimé ce soir, ben après ça, quand même...

Genesis, moi, c'était avant tout avec Peter Gabriel, c'est dire qu'en 1975 quand il est parti ça c'est plutôt ralenti. Mais quand même, le Collins qui a pris les rênes a fait quelques efforts, avant hélas la lente descente aux enfers que les fans de la première heure ont dû ressentir. Et quand même encore, comme un bonbon qui donne des caries et des aphtes, mais qui nous fait exploser les glandes salivaires d'avance rien qu'en y pensant, on en reprenait un peu tous les 4 ou 5 ans, car ils remettaient ça "on stage" au milieu de tubes lourdingues, avec les reprises des sublimes morceaux de l'Époque Bénie, qui émergeaient soudain comme des icebergs multicolores !

Au-delà de l'aspect commercial qui y est impliqué, difficile d'accepter la chute de ses idoles...

Moi aussi, suis allé voir Léo Ferré à un de ses probablement derniers concerts à Monaco, un an ou deux avant sa mort. Il lisait plus qu'il ne chantait ses textes, qu'il tenait à la main, debout devant son micro, car il ne se souvenait plus trop des paroles. Sa voix chevrotait un peu, et nous dans la salle, on se disait qu'on n'aurait peut-être pas du venir voir ça. Et pourtant, c'était Ferré, qui invectivait encore le cosmos à la fin, en chantant les Anarchistes, qui demandait à la salle de ne pas le rappeler, et de le laisser partir sans applaudissement, dans cette solitude qu'il disait mériter.

Et il s'est levé du piano pour sortir de scène, dans un silence complet, sans un regard en arrière, et personne n'a proféré un son. À part quand même quelqu'un, qui, juste quand il est sorti, n'a pu s'empêcher de crier :
- Dieu te garde, Léo !!!

Quand on y arrive plus, faut-il continuer encore et toujours ? On n'a pas envie de voir s'amoindrir ces créateurs, on oublie presque qu'ils sont humains, on voudrait les garder éternels dans notre souvenir. Mais ça ne marche pas. Alors, aller ou ne pas aller "voir ça", that is the question...

Et donc, Phil Collins, avec son visage émacié, arrivant péniblement sur ses béquilles, et qui se pose pour tout le concert sur sa petite chaise au milieu de la scène, faut-il le supporter ?

- Une photo qu'on ne peut pas montrer, il ne faut pas la faire...". Dixit un journaliste spécialisé dans les photos "choc", qui n'avait pas osé faire la pige pour Paris-Match, en faisant les clichés d'enfants brulés dans leur car calciné sur un des bords de la Nationale 7 en 1973.

Un concert qui va faire de la peine, non plus. Mais j'ai regardé quand même...
La prochaine fois, ils vont peut-être débarquer sur scène avec des déambulateurs et un goutte à goutte perché à côté des instruments.
- En piste les momies !!

Ça fera d'autant plus mal.

Mais on voudra encore y croire, en allant sur le site web, ou après le lever de rideau, de découvrir sa vedette miraculeusement préservée, pour que notre rêve dure toujours.

Espérance, quand tu nous tiens...


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