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Eduquons, hé Ducon !

 

Donald Trump nous a fait une nouvelle déclaration, dont le syllogisme me laisse pantois : « Il faut armer les citoyens responsables, pour les protéger contre le Mal ». Oui, il est question « d'étudier la possibilité » d'armer les profs et autres instituteurs dans les écoles américaines, des fois qu'un cow-boy en mal de reconnaissance médiatique exacerbée se pointe pour dégommer les petites cibles vivantes qui courent partout dans la classe ! Bonne idée de déclarer ça, alors qu'on vient de retirer les corps d'une vingtaine de gamins massacrés dans une école primaire au Texas !

Tiens, c'est un peu le même principe que la vaccination : on se donne les armes pour tirer contre ce qui nous agresse, mais on n’est pas responsables des dommages collatéraux que ça pourra impliquer. Nous en reparlerons...

Pour en revenir aux armes, cela me laisse rêveur, après m'avoir laissé pantois. Si on pouvait faire ça
chez nous ! Moi-même, j'aurais souhaité à bons nombres d'occasions dans ma vie pouvoir être armé en présence de (exemples les plus marquants) :
Belle-mère / chien du voisin qui aboie / collègue débile / patron faux-cul / belle-mère / relation sexuelle non conclue / caissière de supermarché / belle-mère...
(désolé, j'ai mis plusieurs fois « belle-mère », c'est plus fort que moi, mais vous pouvez rayer ce qui est en trop.)

Vous allez me dire (parce que vous n'hésitez pas) : « Ouais, mais les armes, ce doit être fait pour se défendre, pas pour agresser ».

Donc il faut un bon motif. Ben j'en avais pas mal, dans tout ce que j'ai énuméré ! Ne me décrétez pas superficiel, parce que je voudrais buter quelqu'un pour un motif qui pourrait paraître un peu léger. Ce qui est léger pour l'un, ne le sera pas pour l'autre.

« Aux armes, etc...» !!  Ah, Gainsbourg ! Qui était un précurseur, au sein de sa propre époque comme par la suite en s'autoplagiant avec fumisterie, mais efficacité. Mais surtout, voulait-il faire de la provoc bon marché ? Il y était parfaitement parvenu. Il n'empêche qu'il avait réduit la Marseillaise en en minimisant le titre, et il y a plus dans le « etc » et les trois points de suspension que dans tout manifeste vindicatif d'un quelconque terroriste ou d'un allumé de la gâchette aux fin-fonds des US. Le « etc... » donne un faux détachement, un côté « ouais, bon, on a compris... passons à autre chose... » et c’est peut-être plus dangereux !

« Armons-nous, etc... » ! Et on verra bien !

Car prendre les armes, en pétant les plombs face à une situation, c'est une chose. Il y a des révolutions qui ont commencé pour moins que ça. Mais comment légitimer un principe ? Aux matches de football, ils sont capables de s’entretuer avant même d'être entrés dans le stade, juste sur l'esplanade, dans le bar du coin de la rue, par principe d'antagonisme, pour la haine de l'Autre de l'équipe adverse ! Alors, vous les imaginez, tous armés ? En Suisse le port d'arme est implicite, puisque chaque citoyen est censé pouvoir être appelé à tout moment pour défendre la Nation. Même s'ils ne sont pas censés garder les armes en question chez eux à disposition. Mais le problème se pose rarement avec eux ; n'oublions pas qu'on est en Suisse, le temps de réaction n'est pas vraiment le même que chez un individu normal, un cow-boy ou un beau-fils.

Alors la non-violence et la non-agressivité devra plutôt passer par un processus d'élevage optimisé afin de tirer l'humanité vers le haut et lui faire transcender ses velléités guerrières. On commencera par abolir les religions et le foot, ça va en calmer plus d'un ! L’Éducation, c'est ça le maître-mot, il ne faut pas hésiter à la dispenser dès qu'on peut le faire ! Et avant que ça se mette à tirer aussi dans nos propres collèges...

Mon copain Jean-Marc (qui, à l'instar de ma belle-mère, a déjà été nommé ici...) possède un joli jardin, dans lequel il m'invite régulièrement par gentillesse mais également par opportunisme, pour essayer de me convaincre de me mettre au jardinage et accessoirement de lui filer un coup de main, ce que je fais bien volontiers, parfois... Le fait de m'être pris quelques râteaux dans ma jeunesse ne m'ayant pas rendu expert en domaine horticole - et étant économe de mon corps – je ne suis pas très versé dans les travaux des champs, mais je viens quand même butiner ses arbres fruitiers et ses baies multicolores.

La dernière fois, sa voisine débarqua avec sa fille, elle-même avec sa fille de quatre ans - mignonne et rigolote que je pris aussitôt en main pour la faire trottiner dans le jardin. En fait mon désir n'était pas d'être extrêmement gentil avec une enfant ce jour-là - étant moi-même un ancien enfant, je sais de quoi ces fourbes sont capables - mais je restais solidaire par delà les générations en me doutant qu'elle allait se faire suer dans la visite de la baraque. Également - et je pense objectivement que cet argument est prépondérant par rapport à celui qui précède - je comptais dragouiller sa mère que j’avais déjà repérée la fois précédente. (En fait, c’est sa grand-mère vous l’aurez compris, mais dit comme ça, ça a un côté nécrophile, alors je saute un degré familial, ça simplifie !). Bon, allez, disons « la mère de sa mère » ; qui avait gardé d'extrêmement beaux restes, malgré les générations là aussi.

Nous nous approchâmes du carré de framboisiers, où je me fis fort d'expliquer à la petite comment détacher les fruits rouges et magnifiques, tout en profitant pour en gober moi-même. Tout à mon affairement à écarter les branches chargées de fruits, je mis un certain temps à me rendre compte qu'elle venait surtout en même temps de grignoter quelques fourmis présentes, au vu de celles qui couraient encore sur sa main et sur son visage entre deux mastications :

- Mais non mais non ! lui fis-je traumatisé, c'est les framboises qu'il faut manger, pas les fourmis ! C'est gentil les fourmis ! ». Considération entomologique complètement déplacée, mais il fallait bien que je me donne une contenance et que je la persuade pour l'avenir !

Et puis, finalement, je la laissais continuer.
Outre qu'elle n'irait pas cafter à sa mère vu sa capacité d'élocution encore limitée, et compte tenu de la situation nutritionnelle mondiale qui nous conduira sous peu à devoir remplacer le steak-frites par divers insectes.

Alors autant qu'elle commence à s'habituer à ce qu’elle aura bientôt à la cantine. Avant de se faire flinguer en retournant dans la classe…

 

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